Miranda

La directrice de bonne aventure

J’ai rencontré Miranda deux ans avant mon arrivée en Géorgie. Je me trouvais en vacances avec mon conjoint et notre fille (nous n’en avions qu’une à l’époque) et je savais déjà que nous allions bientôt déménager ici. J’ai décidé d’aller voir ce qui se passait à l’Institut français, j’ai pris rendez-vous avec la directrice pour savoir comment elle travaillait et si nous pourrions collaborer. À ce moment, la directrice était française, et elle allait être rapidement remplacée par Miranda. J’avais donc rendez-vous avec la directrice actuelle mais Miranda est vite apparue et s’est présentée comme sa remplaçante.

Je m’entretiens donc avec la directrice française (que nous allons nommer Céline) et mon conjoint est avec moi. Céline nous fait part de ses réflexions sur l’organisation de l’école. Nous abordons l’enseignement du français, les enseignants locaux et étrangers. Tout se déroule harmonieusement jusqu’à ce qu’elle se permette une remarque sur ma relation avec mon conjoint géorgien.

Sans autre forme de procès, elle affirme, le plus calmement du monde, que les couples franco-géorgiens n’ont aucune chance de réussir, en particulier quand la femme est française et l’homme géorgien. Elle est est cash, Céline. Elle nous prédit l’avenir de notre couple . Une prédilection coûte si cher, merci Céline. Comme preuve, elle est en train de divorcer de son partenaire, et elle envisage de revenir en France suite à cette séparation. Céline, merci pour ce précieux rappel, nous prenons note. Nous sommes tout de même restés bouche bée, sans voix, sans mot, sur le coup. Il faut dire qu’elle nous en apprenait une bien bonne. Aucune contre-attaque n’est sortie. Grâce à Céline, j’étais prévenue, je pouvais donc m’armer et savoir ce qui m’attendrait en Géorgie, et particulièrement dans mon couple. On lui pardonnera, d’être totalement sortie de son rôle de directrice, puisqu’elle nous offrait une belle leçon de vie. Oui je pourrais bien venir travailler ici, mais il faut que je sois prête à une rupture. La vie réserve parfois des surprises amères.

Ce que j’ai le plus apprécié, c’est la manière dont Miranda a réagi, avec un grand sourire, balayant ainsi les pronostics pessimistes. Elle a essayé d’alléger la situation et pardonne-moi Céline mais j’étais bien contente que la personne qui te succède soit Miranda. J’étais soulagée, et je me suis beaucoup concentrée sur ça. Je ne travaillerai pas avec une diseuse de bonne aventure comme directrice. Ouf ! Parce que fallait voir nos têtes à mon conjoint et moi après le rendez-vous, elle nous avait bien retourné le crâne…

Ethique dans le travail

J’ai revu Miranda exactement deux ans après ce pseudoentretien. Elle a appris mon arrivée en Géorgie et elle m’a contactée assez rapidement. Dieu merci, Miranda ne prédit rien du tout, ce n’est pas sa spécialité et elle le sait. Miranda reste à sa place, et sait occuper pleinement et de façon responsable sa position. Elle est ce que je décrirai de quelqu’un d’exemplaire. Elle m’a fait confiance très rapidement, elle ne s’est pas placée au dessus de moi. Nous avons collaboré de façon si naturelle. Miranda est dynamique, sympathique et à l’écoute. En plus, ce qui ne gâche rien, elle est très drôle. Nous avons reparlé de cette épisode avec Céline en riant.

Les choses n’arrivent pas par hasard, quelque part je suis fière d’avoir attiré à moi ce genre de personne. Nous nous sommes ralliés sans trop de longs discours. Nous avons beaucoup de valeurs communes dans le travail. Mon métier n’est pas seulement l’enseignement, en tant que professeur qu’on le veuille ou pas, nous représentons un modèle. Nous devons donc être à la hauteur de ce modèle. C’est un métier extrêmement humain, bien plus qu’intellectuel. Oui nous devons détenir un certain savoir mais encore faut-il être capable de le transmettre et de se faire apprécier, respecter par les autres pour qu’ils acceptent de nous suivre dans ce processus qu’ait l’apprentissage. Ce n’est pas un chemin malheureusement que tout le monde accepte. J’ai trouvé en Miranda comme une soeur d’éthique professionnelle.

Non seulement, elle respecte son équipe mais elle la défend. Elle est également capable de la mettre en valeur, ou de nous proposer une augmentation de salaire alors que je ne pense pas qu’elle ait été réclamé par qui que ce soit. J’ai reçu un mail pour m’informer d’une augmentation de salaire au bout de seulement deux ans de collaboration , mais qui fait ça de nos jours? J’ai un respect profond pour ce type de pratique.

Miranda est une battante, elle a grimpé petit à petit toute seule, elle a beaucoup d’expériences, dans différents postes et différents écoles, ce qui fait d’elle une personne flexible et résiliante. Tout n’a pas été si simple mais elle a gardé sa ligne de conduite, elle a respecté ses valeurs, elle ne s’est pas fait influencé par certains systèmes qui aurait pu la dégoûter ou la faire baisser l’échine. J’ai du respect pour les gens qui ne lâchent rien. Elle a su rebondir et grandir et aujourd’hui, elle a créé elle-même son école, je suis vraiment impressionnée, et j’espère pouvoir en dire autant un jour : « C’est moi qui l’ai créé ».

Si vous cherchez en Géorgie, une école pour apprendre le français, que vous souhaitez être certain de la qualité de l’enseignement et de l’éthique de l’établissement, n’hésitez pas, c’est un cadre sain, sur, et Miranda saura vous trouver un prof sur mesure en fonction de vos besoins. Je vous laisse le lien juste ici.

https://www.apostrophe.ge/en/about-us

PS : Non Miranda ne m’a pas demandé d’écrire cette article, et je serais bien incapable d’écrire ses mots si je ne les pensais pas.

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